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29 décembre 2008

"C’est décidé, j’entre en résistance !!" / Des actes de désobéissance

Ras-le-bol exprimé avec brio par un collègue directeur. Le SNUipp du Cher a parlé de "grogne" des enseignants lors de la dernière CAPD. L’IA du Cher nous a repris, trouvant le terme exagéré ! Illustration de nos propos par la lettre de ce collègue directeur, grogne poussée plus loin par Alain REFALO appelant à la désodéissance. Attention à la contagion si l’immense grève du 20/11 ne trouvait pas d’écho...Ici traces de contestations d’un conseiller pédagogique de St Etienne et de l’ancien inspecteur de la circonscription de DOUAI (59).

"Je ne supporte plus l’hypocrisie des discours officiels qui se gargarisent de grandes phrases sur l’intérêt des élèves, sur l’égalité des chances, alors que les seuls critères sont comptables avec un arrière fond idéologique pour le moins inquiétant..."

C’est décidé, j’entre en résistance !!

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Article de L’ALSACE

Je ne supporte plus l’hypocrisie des discours officiels qui se gargarisent de grandes phrasessur l’intérêt des élèves, sur l’égalité des chances, alors que les seuls critères sont comptables avec un arrière fond idéologique pour le moins inquiétant.

Qui peut croire que l’intérêt des enfants a compté dans la suppression du samedi matin ?

 Qui peut croire que les deux heures de travail personnalisé pourront compenser le travail des maîtres spécialisés des RASED qu’on est en train de supprimer ?

Je ne supporte plus la malhonnêteté des effets d’annonce alors que j’assiste, chaque jour un peu plus à une entreprise systématique et planifiée de démantèlement de l’école publique.

Je ne supporte plus le harcèlement administratif des courriels qui arrivent par vagues. Lorsqu’ils ne sont pas accompagnés de pièces jointes (jusqu’à 20 dans un seul envoi !) ou dedocuments à aller chercher soi-même sur le site de l’académie, il s’agit en général d’injonctions (« merci de me transmettre – toujours dans l’urgence – telle information ») ou de rappels à l’ordre (« Sauf erreur ou omission je n’ai pas été destinataire de tel document »). Et je suis déchargé totalement ! J’imagine ce que doivent ressentir la grande majorité des directeurs, ceux qui n’ont qu’une journée ou pas de décharge du tout, lorsqu’ils ouvrent leur boite aux lettres électronique.

Je ne supporte plus le « flicage institutionnel », les multiples tableaux à compléter pour vérifier que nous faisons correctement notre travail, que nous ne tirons pas au flanc pour l’aide personnalisée, que nous participons bien à toutes les animations pédagogiques. J’ai eu la chance de vivre des stages de formation continue (pas beaucoup, il est vrai – mais quand même !) passionnants, stimulants, qui interrogeaient la réflexion et les pratiques, dont je suis sorti avec le sentiment d’avoir progressé. Que nous propose-t-on aujourd’hui ? Des grand-messes où l’on paraphrase du « PowerPoint » durant des heures, du formatage au nouveau discours officiel, de l’endoctrinement ! Pas étonnant dans ces conditions que les seules animations pédagogiques qui fassent le plein soient les animations sportives. Pas étonnant dans ces conditions que les IEN doivent demander aux directeurs de « susciter des candidatures ». Pas étonnant qu’il faille « fliquer » pour que les gens viennent !

Je ne supporte plus cette forme d’infantilisation et ce manque de confiance qui consistent à nous faire rédiger des projets (projet d’école, projet d’organisation de l’accompagnement éducatif, …) à corriger (pardon « à valider ») par les IEN.Au mieux, ils nous reviennent « validés » avec une remarque du style « Le projet, dans sa formalisation et dans son contenu, est conforme aux attentes ». Bon élève ! Au pire, on nous demande de revoir notre copie. Ou l’administration fait confiance à notre professionnalisme et je ne vois pas alors la nécessité de valider a priori notre travail ou alors nos supérieurs estiment que nous ne sommes pas capables de construire nous-mêmes nos projets, mais dans ce cas, qu’ils soient cohérents et qu’ils les rédigent eux-mêmes ! Par ailleurs, quelle illusion de contrôle et de toute puissance dans ce formalisme !!

Je ne supporte plus la répression rampante, les atteintes au droit de grève, la restriction du droit à l’information syndicale, …

Je me refuse à terminer ma carrière dans la dépression

, en plaignant les étudiants que je croise à l’école ou mes jeunes collègues qui ont encore quelques dizaines d’années à passer dans cette galère. Le découragement conduit à la résignation et à l’inaction, la colère conduit à l’action et à la résistance.

Je choisis donc la colère et l’action !

Comment résister ?

Un principe d’abord : la principale priorité, la seule, ce sont nos élèves ! Tout le reste est secondaire sinon accessoire !

Faisons comme nos IEN, examinons toutes leurs exigences à la lumière d’une grille d’analyse toute simple :

 Est-ce que cette demande va aider mes élèves ?

 Est-ce que cette demande me permettra de mieux faire fonctionner l’école ?

 Est-ce que cette demande va servir à mes collègues dans leur travail quotidien au bénéfice des élèves ?

Si la réponse à ces questions est non, alors la demande n’est pas urgente, quels que puissent être les éventuels délais de réponse. Et si d’aventure, il n’y avait pas de réponse, il est au moins certain que cela ne portera préjudice ni aux élèves, ni aux collègues.

Comment résister ?

 Soyons positifs, affirmons-nous, ne restons pas isolés et ne nous laissons pas culpabiliser ! Après tout, l’école, c’est nous qui la faisons vivre au quotidien, et elle ne fonctionne pas si mal finalement, quoi qu’on essaie de nous faire croire.

Même les enquêtes PISA et PIRLS, utilisées comme prétexte pour tout changer ne sont pas aussi catastrophiques que certains le prétendent, - les ont-ils lues ? En tout cas, malheureusement, il est déjà certain, (ce n’est pas moi qui le dit mais la plupart des chercheurs en pédagogie) que ce ne sont pas les nouvelles orientations qui feront remonter le niveau de nos élèves.

Comment résister ?

 Ne nous laissons pas intimider.

Retournons les agressions de l’administration contre elle :

 Il faut se déclarer gréviste 48 heures à l’avance !

Soit ! Alors déclarons-nous systématiquement grévistes. Cela ne nous engage à rien mais annule l’intérêt de la déclaration préalable et oblige les communes à se positionner sur le service minimum.

 Les réunions d’information syndicale doivent être prises sur le temps de travail hors présence élève (les fameux 48 heures) ! Qu’à cela ne tienne ; inscrivons nous massivement aux réunions d’information syndicale au lieu de participer aux animations pédagogiques. Elles seront certainement plus intéressantes et probablement aussi formatrices !

Comment résister ?

 Engageons-nous dans les mouvements pédagogiques. Ils sont en train d’être étouffés par une réduction dramatique des subventions publiques et la suppression des postes de mis à disposition ou de détachés. Pourtant ce sont des lieux extraordinaires de rencontres, de réflexion et de formation. L’ICEM (Pédagogie Freinet), l’OCCE, la Ligue de l’enseignement, les PEP, la JPA, les CEMEA et d’autres que j’oublie, ceux qu’on appelait il n’y a pas si longtemps, les oeuvres complémentaires de l’école sont peut être les derniers remparts de cette Ecole qui prend l’enfant dans sa globalité pour le faire avancer, pour en faire un citoyen, face au dogmatisme et au formatage de ce qu’on cherche à nous imposer. Les trois quarts de ce qui fait ma compétence professionnelle aujourd’hui, c’est à leur contact que je les ai acquis et non dans l’Institution.

Comment résister ?

 Syndiquons-nous

J’entends trop souvent des collègues me dire que les syndicats ne servent à rien.

Mais les syndicats, c’est nous !

Si nous voulons qu’ils agissent plus, mieux, qu’ils soient plus près du terrain, à nous de les faire bouger, de les interpeller, de nous engager.

Ils n’existent que pour défendre nos droits et nos valeurs. Mais en même temps, ils n’existent que par nos adhésions et notre soutien. Je ne me suis jamais considéré comme un militant syndical, mais j’ai toujours été payé ma cotisation syndicale, pour une raison très simple : je n’oublie pas que des personnes sont mortes pour que nous ayons le droit, ce droit tout simple, d’être représentés et défendus face au pouvoir en place. Je n’oublie pas qu’aujourd’hui encore, dans certains pays pas éloignés, les syndicalistes sont menacés et assassinés. La démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas !!

Un mot encore pour terminer. Une lecture rapide de mon texte pourrait faire croire que j’en veux à nos supérieurs hiérarchiques directs, les IEN ! Il n’en est rien ! Je connais la plupart des inspecteurs du département. Il y en a que je compte parmi mes amis. J’ai suffisamment discuté ou milité avec certains d’entre eux pour savoir qu’ils ne sont pas plus emballés que moi par l’évolution actuelle de l’Ecole. Comme nous, plus que nous certainement, ils sont pris entre le marteau et l’enclume, entre l’inertie du monde enseignant et les pressions de leur hiérarchie. Je ne voudrais pas être à leur place, mais ils ont choisi et comme nous, ils ont la liberté !

 La liberté d’être de simples courroies de transmission, d’essayer de nous convaincre que tout va bien, que les nouveaux programmes ne changent pas grand-chose par rapport aux anciens, que l’on peut faire dans les 24 heures qui nous restent tout ce qui est demandé par ces fameux programmes.

 Ou la liberté de parler vrai, de défendre leurs convictions, d’être des citoyens avant d’être des fonctionnaires !

Et peut être de résister !!!

Bon courage à vous tous.

Roland BRAUN, directeur d’école.

le 16 octobre 2008

Si vous voulez aller plus loin, après cette longue lettre qu’on sent venue de loin : un MUNICH pédagogique, cette fois ce qu’on vit vu par un historien de l’éducation, Antoine PROST. Ce qu’on vit est historique, on s’en serait bien passé...

Petit conte, drôles de comptes et mauvais calculs, par Pierre Frackowiak, nspecteur honoraire de l’Éducation nationale et ancien IEN de Douai.

En ce lendemain de manifestation, un texte de circonstances envoyé par Pierre Frackowiak.

Petit conte, drôles de comptes et mauvais calculs

Dame l’Education déprimait depuis quelques années. Les nuages s’accumulaient au-dessus de sa tête. 2002 avait été une très mauvaise année, la première d’une série au cours de laquelle son moral ne cessait de se dégrader. D’aucuns, fort écoutés en haut lieu, lui répétaient qu’elle ne fabriquait que des crétins. Un comte brièvement célèbre lui imposait de revenir à « roro lave la moto de polo » pour apprendre à lire aux petits enfants. Surtout pas l’auto ni paulo, car pour le comte, il faut d’abord construire les bases et o doit être maîtrisé avant d’aborder au et l’eau. On sait bien qu’il faut d’abord apprendre à être bête pour espérer devenir intelligent plus tard.

Un adjoint d’évêque (de Latran) réussissait à la convaincre en 2007 qu’elle n’avait fait que des bêtises depuis 30 ans, qu’elle coûtait trop cher, qu’elle produisait 15% d’élèves en difficulté en 6ème et qu’il fallait la réformer.

Considérant que tout avait donc lamentablement échoué depuis la fin de la fin de l’agonie de la mère de Dame l’Education, communément nommée « Ecole de Jules », les princes qui la gouvernent ont décrété qu’il fallait ressusciter l’ancêtre et prendre des mesures radicales.

On imposa de nouveaux programmes en reprenant simplement, mais pas purement, les vieux du siècle dernier. On les alourdit un peu, juste pour tenir compte de la réduction prévue du temps scolaire et de la suppression de la formation des maîtres. On répéta dans les étranges lucarnes habituées à jouer de la nostalgie que ces programmes étaient simples, de manière à obtenir 99, 67% d’opinions favorables dans les sondages d’opinions à la mode.

Tout cela ne pouvant suffire pour réformer durablement, on décida donc de lui arracher un bras.

« Dame l’Education, lui dit-on, ne vous inquiétez pas. Cela vous fera un peu mal. Mais après, cela ira mieux. Plus de RASED, plus de projets éducatifs locaux. On vous donnera des cachets pour apaiser la douleur : le soutien hors temps scolaire et des stages pendant les vacances qui coûteront bien moins cher que le bras et que la veste à deux manches. »

« Pas d’objection, s’il vous plaît. Cessez de dire que ces médicaments ne sont que placebo et anti douleurs mais qu’ils ne peuvent remplacer votre bras. C’est insupportable. Vous refusez les réformes. Vous n’êtes pas loyale. Vous êtes conservatrice. Regardez : même les chefs et les sous-chefs affirment qu’il faut bien accepter d’essayer, que l’on ne peut pas refuser, que les fonctionnaires doivent fonctionner. S’il le faut, on ajoutera des scrogneugneu et des jugulaires. Rompez ! »

C’est vrai que l’on n’avait jamais essayé. Personne n’y avait pensé.

Retenant difficilement ses larmes, Dame Education se dit tout bas : « J’ai mal. Et jamais je ne réussirai à faire avec un bras ce que je ne réussissais pas à faire avec deux ! »

Des chefs se livrèrent à quelques calculs. Soutenir l’ablation des bras pourrait leur rapporter la reconnaissance des puissants. Ils se mirent à parcourir les territoires pour battre leur coulpe : « Vous n’avez fait que des bêtises depuis 30 ans. Nous aussi d’ailleurs. Notre maître a trouvé les solutions : réduire les comptes de dépenses pour travailler mieux. » Ils se concertèrent pour déclarer qu’il fallait bien essayer « dans l’intérêt des enfants », que donner du soutien gratuit est à la fois noble et républicain, qu’ils brancheraient électrodes, prises USB, power point et statistiques pour faire comprendre que la douleur est nécessaire, que les efforts considérables qui avaient été réalisés, par exemple, en 1989/90, pour muscler les bras et les cerveaux n’avaient pas de sens…D’autres tentaient timidement de résister. Discrètement, loyauté oblige !

Mais ce petit conte, avec ses drôles de comptes et ses mauvais calculs, n’est-il pas un conte à dormir debout ?

Tout à fait, braves gens. D’ailleurs, on voit beaucoup de personnes endormies, debout. En scrutant un peu le paysage, on en aperçoit qui sont bien courbées et même couchées. Il est vrai que pour l’heure, on leur a laissé leurs bras pour porter leurs ordinateurs et leurs camemberts. Pour combien de temps ?

Source : le site Citoyens réveillons-nous ! Sauvons l’Ecole Publique !

version originale de cet article sur ce site : http://cirev.canalblog.com/archives/p20-10.html

Pétition de soutien à notre collègue Alain Réfalo /pétition de soutien

Copie d’un article du site national du SNUipp.

Nous soutenons Alain Réfalo

L’un de nos collègues de l’école Jules Ferry de Colomiers a décidé d’informer l’Inspecteur d’Académie de son refus de se soumettre aux injonctions ministérielles de manière à dénoncer un processus réfléchi et destructeur des fondamentaux du système éducatif français. Les restrictions budgétaires insupportables sont en effet indissociables d’une régression sans précédent en terme de politique éducative.

Soumise à une avalanche de réformes qui orientent l’école sur une très mauvaise pente, confrontée à l’annonce de suppressions de postes considérables, obligée de travailler dans des conditions de plus en plus dégradées, notre profession est mise à mal comme jamais. Nous nous sentons méprisés, niés dans notre professionnalité.

Dans les écoles, nous croulons sous les injonctions et tâches supplémentaires, devons rendre de plus en plus de comptes à l’administration au détriment du cœur de notre métier : l’enseignement auprès des élèves.

La négation d’un véritable dialogue social, les décisions prises sans aucune concertation, l’absence de réponse du ministre de l’éducation face aux revendications et mobilisations répétées des personnels est une marque supplémentaire de mépris et suscite la colère. Dans ce contexte, nous considérons que la prise de position d’Alain Réfalo ne doit pas être considérée comme un acte isolé mais bien comme l’expression de ce que nous subissons et ressentons au quotidien. Sa lettre entre profondément en résonance avec l’état d’esprit actuel de la profession.

C’est la raison pour laquelle nous soutenons notre collègue et demandons qu’aucune sanction disciplinaire ne soit prise à son encontre.

SIGNER LA PETITION EN LIGNE

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Soutien à Alain REFALO

Document PDF - 43.8 ko

Vous pouvez la télécharger au format pdf et la retourner signée à la section 31 du SNUipp.

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Lettre de désobéissance adressée à son IEN.

 

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